mardi 27 octobre 2009

Michel Berger, une nouvelle biographie

L’Etoile au cœur brisé, nouvelle biographie de Michel Berger, n'est pas un livre léger, même si l'on est bien dans le registre des "biographies de célébrités" (gros caractères et cahier photo au milieu de l'ouvrage). Cela tient bien sûr à l'amoncellement de mauvaises nouvelles, décès, trahisons et abandons auxquels le chanteur a dû faire face tout au long de sa vie.
Saluons d'abord le courage des auteurs (Grégoire Colard, qui fut son attaché de presse ainsi que celui de France Gall pendant 15 ans, et Alain Morel du Parisien) qui ont su éviter la complaisance, la langue de bois et ce, sans jamais sombrer dans la facilité "people" (le récit est soutenu par des interviews réalisées pour le livre ou reprises de publications).
Bien sûr, pour quelqu'un qui dédie un blog à la Véronique Sanson des années 70 ("le nuage rose et gris / de celle qui ne l'a pas suivi"*), cet ouvrage était plutôt attendu. Et on doit toujours faire confiance au temps qui passe : ce qui se chuchotait il y a 30 ans peut aujourd'hui enfin sortir en librairie. Il aura sans doute fallu aux auteurs laisser passer divers anniversaires (les 10 ans, puis les 15 ans suivant la mort de l'artiste, les 30 ans de Starmania) et enfin, galanterie oblige, écrire la biographie de France Gall avant celle de son mari.

Grégoire Colard et Véronique au micro de FG au Banana Café en 1985.

Le début du récit est assez bouleversant ; l’enchaînement jusqu’au départ de Véronique, l’utilisation de dialogues (mis, par exemple, dans la bouche de Colette Sanson qui doit aller trouver Michel et lui expliquer où se trouve Véronique) donnent à penser – nul besoin d’être prophète – qu’un jour cette histoire, infiniment romanesque, fera l’objet d’un film [update 2016 : Julien Tricard, neveu de Véronique, a un projet de film biographique sur la vie de sa tante].
Le livre apporte son éclairage sur cette relation dans la mesure où Michel, modèle de discrétion, renvoyait toujours aux textes de ses chansons ceux qui souhaitaient en savoir plus. Ici, on approche au plus près de ses tourments : on le voit dîner, au bord de l’évanouissement, le soir du mariage de Véronique en 1973,
avec Bernard de Bosson, qui y a assisté le jour même [update 2015 : on a retrouvé des photos de Bernard de Bosson à la party qui a suivi la cérémonie, il n’a donc pas pu dîner avec Michel le soir-même], on l’imagine se glisser incognito, en compagnie de Grégoire Colard, dans la salle du Palais des Sports, en 1978, et d'autres détails encore.

Avec l’ingénieur du son Roger Roche au Studio de la Gaîté

Pour autant, le livre n’est jamais manichéen (la méchante Véronique contre la pauvre France Gall, caricature trop souvent donnée par les intervenants sur les forums internet – intervenants à qui on a envie de souhaiter de vivre un jour “l’amour le vrai, vous comprenez le grand amour” – ce qui peut arriver plus d’une fois dans une vie.). On pense aussi que ce sera peut-être un soulagement pour Véronique de voir là, confirmés noir sur blanc par un proche et confident de Michel (Grégoire Colard), ses échanges avec Michel Berger par chansons interposées. 
Dernière en date – même s'il n’est hélas plus question d’échange – l’énigmatique L’homme de farandole (2005) et ses textes à tiroirs dans lesquels Véronique a réussi à glisser deux verbes-titres de chansons écrites par Michel pour France : Voilà l’idole / Sans résister tu voulais faire la guerre à tout ce qu’il aime / Sans te débrancher / De ses idées”. [update janvier 2012 : ceci n’était qu'une interprétation libre : interrogée à propos de cette chanson, Véronique avoue que c’est bien inconsciemment qu’elle a utilisé ces deux verbes.] 

France Gall et Véronique interprétant La groupie du pianiste (Taratata, janvier 1994)

Il reste donc de la place pour un livre moins grand public (ou bien est-ce le rôle d'internet ?) qui décrypterait ses textes, comme cette face B du 45 tours de France Aime-la, déjà très sansonien, À votre avis, qui commence ainsi “Je téléphone à une amie / Pour qu'elle se penche sur ma vie / Est-ce que je l’aime / À son avis” et qui semble correspondre à une certaine réalité (un appel de France Gall à Véronique). 

Ou encore retrouver la genèse des chansons de l’album “Cœur brisé” de Michel pour expliquer la présence non créditée dans les chœurs de la voix de Véronique sur Oublie-moi de sitôt et peut-être sur d’autres (Personne n’écoute ?) ainsi que sur ce très court duo prévu sur l’album puis écarté (Je veux être avec toi), à ce jour toujours inédit.


À propos du mot laissé par Véronique en février 1973 (descendue acheter des cigarettes alors qu’elle va en fait prendre l’avion pour New York), on peut en trouver une trace dans le texte de L'amour est là de Michel ("Je retourne à la maison et je trouve ton mot") même si le vers précédent ("Je descends de l'avion et tu prends l'auto") n’a pas l’air de coller…



Celui qui chantait “Qui connaît ma vie / Qui connaît ma vie” (dans Attendre, en 1980), parti trop tôt, aura emporté avec lui une bonne part de ses mystères.


Michel, Alain Souchon, Jacques Higelin, Véronique, Laurent Voulzy et France Gall
au moment
de l'enregistrement de la chanson SOS Ethiopie (mars 1985)


Autographe obtenu après le concert du Théâtre des Champs-Elysées (avril 1981)

Véronique et Michel chez Maxims, mai 1967 (© Studio G. Delorme)

Petite erreur relevée dans cet ouvrage : le concerto de Véronique (page 45) a bien été écrit. Extrait du texte qui accompagne l'intégrale, par Yann Morvan : Elle compose à son tour un concerto pour deux flûtes, deux clarinettes et orchestre, qui restera à l’état de partitions. Incapable, bien sûr, de les transcrire elle-même, et pas toujours familière avec la tessiture des instruments de l’orchestre, elle est épaulée par Hubert Rostaing pour une partie, pour l’autre par Christian Bellest, dont la famille, seule, a conservé jusqu’à aujourd’hui des fragments de cette œuvre fantôme. 
Autre chose : ce qui était annoncé comme le scoop du livre par France-Dimanche n’en est pas un. Déjà en 1997, dans Michel Berger, Quelques mots d'amour, Jean-François Brieu et Eric Didi révélaient le nom de "la jeune femme d'origine allemande"...
[Update (octobre 2015) : Fabienne Thibault mentionne également Béatrice Grimm dans “Douce France” d’Alain Wodrascka (Éditions Du Moment) – Bernard Saint-Paul également.]



 B O N U S 

Dossier de presse du 1er LP,
trouvé avec une carte de la main de sa mère :





Intérieur de la pochette du 1er album, Cœur brisé (1973) :
Michel, rue de Prony, avec sa nièce, Marine, à droite. © Jean-Marie Périer

Autocollant (10 x 10 cm) dédicacé
 

En 2006, dans la collection "Artistes de légende",
le livret du CD de Michel Berger réussit un superbe tour de passe-passe :

faire disparaître la production des deux premiers albums de Véronique
en utilisant néanmoins les termes "WEA-Filipacchi" et "rencontre déterminante"
dans la même phrase et finalement parler de... Françoise Hardy !


© Jean-Marie Périer

 Également, dans le superbe livre de photos de Thierry Boccon-Gibod,
"Michel Berger, Haute fidélité", présenté sous la forme d'un dialogue avec France Gall,
on trouve la mention de Véronique dans une phrase,
alors que son nom de famille n'a pas été utilisé dans les pages précédentes...



Quelques articles de presse :

Dans Spécial Pop en octobre 1967, ces dernières phrases :
"Il n'a pourtant jamais réussi à s'imposer tout à fait. Il n'a encore que 20 ans"




Salut les copains, septembre 1971




Pop Music Hebdo, 1971




Une chronique rare : celle de Puzzle
dans Lui n° 96, janvier 1972




Salut les copains n° 139, mars 1974



Dans Playboy en avril 1981,
Michel évoque le "tournant américain" de Véronique, "plus violent"

 




Elle n° 1868, 26 octobre 1981
(Une interview très honnête, sans doute la seule dans laquelle Michel avoue s’être adressé à Véronique dans ses chansons d’amour)
 


À propos de la diffusion, le 16 septembre 2011 sur France 2
de Un jour, un destin consacré à Michel Berger,
la courageuse Sandrine Cohen a publié la chronique suivante.

Ç
a balance pas mal... à L'Illustré !
 

 
* C'est drôle, en voulant vérifier ces lignes tirées de C'est pour quelqu'un, je les trouve ainsi sur http://fr.lyrics-copy.com : "Comme s'il dédiait sa vie / Aux nuages roses et gris / Il sait qui ne l'a pas suivi /Qui n'est pas ici" !

samedi 15 août 2009

Véronique et Stephen Stills dans "Gala"

Cette année, la saga de l’été de Gala s'intitule “Brisées par un homme” ! Et le n° 842 (du 29 juillet au 5 août 2009) s’avère assez intéressant, uniquement parce qu’il nous permet de retrouver des photos de Véronique et de Stephen Stills, “son amour assassin” (sic), dans les années 70. Le texte, par contre, signé Christophe d'Antonio (rédacteur en chef adjoint du magazine), ne nous apprend pas grand chose et glisse même quelques petites erreurs (ce n'est pas du Colorado que Véronique n'a pas eu “d’autre choix que de fuir” mais bien de Los Angeles).



En complément, un article d'Ici Paris (mai 80), assez drôle et truffé d'âneries ce qui était leur marque de fabrique à l'époque et qui l’est moins aujourd'hui que ce genre de presse s’est généralisé – avec une photo de leur rencontre, dont on nous dit qu'elle s’est “faite par hasard”... devant un certain nombre de photographes quand même ;-)

Emprunt au magazine Platine d'août 1994 :
Jean Mareska (label manager pour Atlantic et Elektra, de 1971 à 1974)
: “Je me souviens bien du jour où Véronique Sanson a rencontré Stephen Stills, avec lequel elle a eu ensuite une liaison. C'était dans les salons du Georges V où il y avait une party. Je me souviens qu'Hugues Aufray était là, et qu'on a présente Véro à Stills. Ils ont commencé à parler tous les deux, sont allés s'asseoir dans un coin, et ne se sont plus quittés de toute la soirée. C'était comme dans les romans d'amour, plus rien n'existait pour eux.”


Ici-Paris




mardi 9 juin 2009

Nouveaux ajouts


Un grand merci tout d'abord pour vos visites et commentaires sur ces pages !
Ce post rapide pour vous avertir qu’il y a ces temps-ci beaucoup d'ajouts de coupures de presse, ceci grâce à une descente inopinée dans l'inestimable collection de Véronique Triffaux, ex-abonnée à Harmonies et auteur de 3 clichés de Véronique sur scène dans l'intégrale Et voilà ! : des pages et des pages de magazines... un rêve de collectionneur... et l'occasion pour moi (la "minute émotion" ;-) de revoir des pages de mes anciens cahiers dispersés...
Merci à elle (et à Patrick Joly, autre ex-Harmonies, qui nous a mis en relation).
Il y a encore des tas d'articles manquants... si vous pensez avoir des choses assez rares, n'hésitez pas à me faire signe...


dimanche 15 février 2009

Isabelle de Funès

Je l’imaginais insaisissable, secrète, énigmatique. Et mes recherches sur Google n’avaient guère éclairci le “mystère Isabelle” : on y trouve les mêmes informations reprises en boucle, principalement sur sa filmographie. Baba Yaga en premier lieu (basé sur une bd SM, ce film génère des dizaines de pages internet dans toutes les langues). Et rares sont les infos sur sa discographie, dans laquelle il y a pourtant une poignée de jolis 45 tours (inabordables sur les sites de revente) dont 3 contiennent des chansons écrites et composées par Michel Berger ou Véronique – ce qui justifie sa présence ici.
Sur ma vieille cassette audio de 1977, après les deux démos de Véronique, il y avait Jusqu'à la tombée du jour et Mon voisin par Isabelle. Découverts 10 ans après leur sortie, ces deux titres ont encore aujourd'hui pour moi ce charme discret et sucré comme la voix de leur interprète. Une voix au timbre faussement indolent, se baladant nonchalamment sur un tempo de bossa orné de jolies cordes.
“Je n’étais pas prête. Je trouvais que j’avais la voix qui se cassait.” C’est Isabelle qui parle, en 2009, de sa voix riante. Une voix très radiophonique, loin de celle qui s’échappait de ses enregistrements. Il faut dire qu’Isabelle vit pleinement dans le présent. Sans nostalgie. Elle dit qu’elle a peut-être ses 45 tours quelque part, mais ne sait pas bien où. Depuis 3 ans, elle habite Paris, ne répond pas d’ordinaire aux demandes d'interview sur cette époque. Elle l’affirme sans prétention. C’est juste qu'il n’y a pas que de bons souvenirs à faire remonter à la surface. On va donc faire le tri, ne garder que le meilleur.
En 1968, Isabelle, nièce de Louis (elle est la fille de Maria, sœur de l'acteur) a 24 ans (1). Plutôt jolie, elle fait des photos de mode. Pierre Cardin, Yves Saint-Laurent... La couverture de Elle.



Dim Dam Dom du 28 mai 1965.

Deux pages dans Jours de France (2) l’ont présentée au public deux ans auparavant avec ce titre “Tout le monde connaît Louis de Funès, on va maintenant connaître Isabelle” (à ce sujet, on lit ici ou là sur le net qu'elle est en fait sa fille, ce qui n’est pas loin d’une certaine réalité : elle était “la fille qu’il n’a jamais eue”). Elle ne se souvient plus bien ce qui lui a valu ces deux pages, “peut-être l'émission Tilt que je présentais avec Michel Drucker”.



Tilt magazine du 7 décembre 1966, avec Michel Drucker.

En 1968 donc, à Maison-Laffitte où elle vit avec ses chevaux, appel d’un inconnu : “Bonjour je m'appelle Michel Berger, je suis directeur artistique chez Pathé-Marconi. On aimerait vous faire passer un test en studio pour vous faire enregistrer un disque”. Isabelle : “C'est tout simple, Michel et Claude-Michel Schönberg, tous deux responsables du catalogue jeunesse chez Pathé, étaient à la recherche de nouveaux talents. ils m’ont vue sur les photos de Elle et m’ont appelée.”
Elle croit à une blague... Mais Michel est tenace – et intuitif. Il rappelle, insiste, se montre rassurant. Au bout d’un mois, elle accepte et se rend en studio, à Boulogne. Quelques essais, une prise. La voix est jolie et juste. Michel est conquis. Comme le reste du studio. “Il y avait une telle tendresse – même si je peux avouer aujourd'hui que Michel me faisait un peu peur, il pouvait être très difficile. J’ai été soulagée en lisant l’autobiographie de Françoise Hardy (3) de voir que je n’étais pas la seule à avoir souffert en studio avec lui”.
Lors des séances d’enregistrement, Hubert Rostaing (arrangeur du premier simple de Véronique) ou Michel Bernholc (arrangeur du premier album de Véronique et l’un des Pour les Michel) sont là. Et bien sûr la toute jeune Véronique (à qui Michel a demandé des chansons pour Isabelle), avec d’abord un titre dont elle signe la musique (sur des textes de Violaine), Mon voisin. L’histoire d’une jeune fille qui épie amoureusement son voisin et espère qu’un jour “il sonnera chez moi”. Du sur-mesure pour Isabelle qui, avec ses grands yeux et ses cheveux longs, incarne parfaitement l’amour tourmenté.
Sur la maquette de Véronique (ce fameux acétate de deux titres retrouvé chez Colette Sanson, et qu’on peut maintenant entendre sur l’intégrale), son interprétation impressionne Isabelle qui a un vrai coup de cœur pour cette voix. Elle le dit encore aujourd'hui : “Tout ce qui m’intéressait, c’était les chansons écrites par Véronique. Quand elle a commencé à écrire pour elle-même, à préparer ce disque dont on ne se doutait pas du tout de la merveille que ça allait être, je me suis arrêtée de chanter. Chanter pour chanter ne m’intéressait pas et on ne me proposait plus rien d’intéressant. Et puis c’est à ce moment qu’est née ma fille, Lisa (4).”
De l’époque, pas une seule photo. “Nous n’avions pas d'appareil. On se voyait beaucoup mais on ne faisait pas de photo. Michel et Véronique n’étaient pas encore ensemble, je ne les ai jamais connus en couple. J’allais souvent chez les parents de Véronique. J'aimais beaucoup Colette à qui j’ai eu la chance de reparler au téléphone deux mois avant sa mort. Elle se rappelait de détails que j’avais complètement oubliés."
Hasard (auquel je ne crois pas...) de calendrier, Véronique répond à des questions sur Isabelle dans Platine, sorti le matin-même (5). Isabelle lit et commente “Oui, c’est vrai, elle est venue habiter chez moi quelques temps. Elle était très jeune. Je l’appelais “ma petite sœur”. Je me souviens qu’elle dormait enfouie sous ses boucles blondes, que son visage était tout rond. C'est vrai qu’on ne s’est pas encore revues... Un de ces jours peut-être...” À noter qu’Isabelle n’a pas encore écouté les versions de “ses” chansons par Véronique (dans l’album Sans regrets en 1992). On va y remédier...
Retour en 1968, année où un premier 45 tours voit le jour (Odéon MEO 168) :
1. La journée d’Isabelle (paroles et musique Michel Berger)
2. Papa me laisse aller à la ville ce soir (Bobbie Gentry – Adaptation Boris Bergman)
3. Mon voisin (paroles : Violaine Sanson / musique : Véronique Sanson)
4. Les jours de pluie (Claude-Michel Schönberg / Boris Bergman).
Deux vidéos live (télés de 1969) de Mon voisin sont visibles ici et .
La photo de couverture, signée Claude Martinez, a été faite lors d'une escapade de 2-3 jours à Casablanca. “Toute la série était vraiment bien, et c’est
Claude-Michel Schönberg qui a choisi celle-ci, qu’il qualifiait d’“érotico-sentimentale”, idéale pour illustrer le titre principal”, se souvient Isabelle.


45 tours suivi d'un second, l'année suivante (Odéon/EMI C 016-10 057) :
1. Quand Michel chante (paroles et musique Michel Berger)
2. Le cœur en juillet (Georges Blaness – Jean Schmitt)
3. Une odeur de neige (paroles et musique Véronique Sanson)
4. Deux par deux (V. Laitinen – Michel Jourdan)
La démo originale de Michel Berger peut être entendue ici.
La photo de couverture est signée Jean d’Hugues, qui signe aussi la couverture du premier 45 tours de Véronique et semble avoir un goût prononcé pour les jolies filles les cheveux dans le vent... comme on peut le voir sur son site ici, sur lequel figurent 3 photos inédites de Véronique.
(merci à Andy pour les scans de pochettes)

 


La mode des ep (extended play, 45 tours à 4 titres) est passée et c’est, toujours en 1969, un 2 titres qui sort (Odéon/EMI C 006-10 324) :
1. Ne me parlez plus de l’amour (I'll never fall in love again de la comédie musicale Promises, promises) (Burt Bacharach – Hal David, adaptation Franck Harvel, alias Alain Bloublil, qui co-écrira plus tard Les Misérables et d’autres comédies musicales avec Claude-Michel Schönberg)
2. Jusqu’à la tombée du jour (paroles et Musique : Véronique Sanson)
On peut écouter cette chanson ici.
La (superbe) photo de couverture est encore signée Jean d'Hugues.


 
Un single sort en Belgique (Odéon/EMI C 006-10 361), toujours avec une photo de Jean d’Hugues en couverture :
1. Quand Michel chante (paroles et musique Michel Berger)
2. Jusqu’à la tombée du jour (paroles et Musique : Véronique Sanson)



Début 1969, Isabelle part en tournée un mois avec Gilbert Bécaud. C’est encore l’époque des “premières parties”. Elle fait le lever de rideau, juste avant Julien Clerc. “J'étais un bébé, je manquais de métier. À cette époque, vous aviez une jolie frimousse, on vous écrivait des chansons et on vous poussait sur scène, sans vous apprendre le métier. Pendant cette tournée, je faisais quelques titres et Gilbert était vraiment adorable. Il venait me voir chanter tous les soirs. Une fois, le pianiste a commencé à jouer n’importe quoi (une petite vengeance) et j’étais totalement déstabilisée. Gilbert a fait éteindre les éclairages et quand ils se sont rallumés, j’ai entendu les gens applaudir : il venait d'entrer sur scène pour m’accompagner lui-même au piano !”



Elle a bien sûr droit aux honneurs de Mademoiselle Age Tendre, de Salut les Copains (ci-dessus, en avril 1969) et même de Paris Match (6). Elle fait quelques télés : Mon voisin en direct à Musicolor en mars 1969, qu’on peut voir ici et Une odeur de neige aux Grands enfants (Maillan, Poiret, Serrault).
Le 10 mai 1969, on trouve son nom au générique de L’homme qui venait du Cher, “western musical télévisuel” avec, entre autres, Nino Ferrer, Françoise Hardy et Eddy Mitchell.



Toujours en 1969, Isabelle sort un 4e single à l’occasion de l’inauguration de Port Grimaud, qui, après des années de travaux, débouche directement sur la mer :
1. Port-Grimaud (H. Giraud, E. Marnay)
2. Instrumental

Le 45 tours suivant est une véritable rareté (Pathé 2C006-10768) :



1. Le vieux saule (Viola enluarada) (Marcos Valle, Paulo Sergio Valle - adapt. J.-P. Lang & C. Chevrot)
2.
Amour amitié (superbe chanson de Pierre Vassiliu pour laquelle ils ont adapté les textes : “Mais elle a eu un seul amant” devient “Mais je n'ai eu qu’un seul amant”). Isabelle : “C'est une magnifique chanson et honnêtement, la version était superbe, j'adorerais le réécouter”. [Update juin 2011 : on peut entendre ce titre ici.]



En mai 1970, à la mairie du 1er arrondissement, elle épouse l’acteur Michel Duchaussoy (ils divorceront en octobre 1971) - cf. les 2 pages de Jours de France plus bas (n° 815, 4 août 1970).
À cette époque, on la voit au cinéma et sur le petit écran (7) : Ces messieurs de la gâchette (1970), la série télé Musique s'il vous plaît (1970), Raphaël ou le débauché (1971, dans lequel elle apparaît aux côtés de Maurice Ronet et Françoise Fabian), Le dessous des cartes d'une partie de whist (1971), Les Dossiers de Maître Robineau : Les disparus de Senlis (1972), Pont dormant"(1972) et bien sûr Baba Yaga, dans lequel elle tient le rôle d'une photographe de mode (1973), puis Esprits de famille (1975) et Le Coup monté (1978), téléfilm écrit et réalisé par Jean Cosmos.

En 1976, retour discographique avec ce dernier simple (Flamophone/Barclay 620.204) :
1. Comme Madame Bovary (Laurence Matalon / Jean Musy) – que l’on peut entendre ici
2. Donnez-moi la force (Richard Gilly / Christian Padovan)
Produit par Claude Putterflam, ce disque est sensé annoncer un premier LP avec des participations diverses (Yves Duteil, Maxime Le Forestier) qui ne verra jamais le jour. 


Inexplicablement, à l'heure actuelle, un seul des titres d’Isabelle est disponible sur CD (8). On l’aurait pourtant bien vue, par exemple, sur la compilation La Belle Epoque – EMI's french girls 1965-1968, sortie en 2007, et sur laquelle figurent 3 titres des Roche Martin.
 
Fin des années 1970, Isabelle devient attachée de presse chez Polydor, chez Phonogram (notamment dAlain Bashung époque Vertige de l'amour, également pour Lio), avant de prendre le large (Australie, puis Colombie où elle vivra 20 ans). Elle aura la surprise un jour de 1993 d’y recevoir un coup de téléphone de l’animateur-radio Jean-Michel Gravier qui lui permet de dialoguer en direct à l'antenne d’O’FM avec Violaine – ce qui la touchera beaucoup.
Extraits :
Violaine : Les souvenirs sont très nets chez moi.
Isabelle : Chez moi aussi. C'est très émouvant de t'entendre.
Violaine : Tu sais, on a envoyé tous nos Sherlock Holmes dans tous les sens pour te retrouver.
Isabelle : Je vis dans un petit village perché dans la Cordillère. On a le téléphone seulement depuis 1 mois 1/2 !
Violaine : Je sais par François Bernheim
que tu fais des photos.
isabelle : Oui, c’est ce qui m'a amenée en Colombie la première fois : un reportage sur une mine d’émeraudes, il y a 2 ans. Et je vis maintenant ici avec ma fille Lisa qui a 20 ans, des chats, des chiens, des chevaux, la nature... On nous prend un peu pour des extra-terrestres ! Ici, tout le monde est très macho et voir deux femmes retaper une maison, ça surprend. Il y a un côté très western... La police secrète est venue parce qu’on avait eu un vol à la maison et ils m’ont appris à tirer. Je mets un revolver armé de 6 balles sous mon oreiller quand je vais dormir ! Et quand il y avait la guérilla, le matin, je partais à cheval acheter du pain, de la viande... avec un revolver. Mais je n'ai jamais tiré sur personne !

Autre corde à son arc, elle a écrit il y a 20 ans un roman encore inédit, “une histoire incroyable”, dit-elle...

Aujourd'hui, elle fait des photos, qu’on peut voir ici (avec sa fille sur certains portraits en couleurs). Jamais vraiment sédentaire, elle peut disparaître sans crier gare quelques jours pour un reportage. Mais la plupart du temps, elle est à Paris et promène son chien dans les jardins du Palais Royal où elle croise parfois, de loin, les ombres d'un passé qui lui semble aujourd'hui bien loin... [Update : elle vit aujourd’hui en Normandie]


___________
1. Isabella Christine Inès Léonore est née le 27 juillet 1944 et a été élevée, avec son frère Charles, par François Gir
, qui épousa leur mère en 1952. Il était le fils de Jeanne Fusier-Gir, comédienne fétiche de Sacha Guitry, qu'Isabelle appelait “Nanny” et dont elle dit qu'elle était un “être lumineux”, qu’elle ne l’a jamais entendu dire du mal de personne”.
2. Jours de France n° 607 du 2 juillet 1966.
3. Le désespoir des singes et autres bagatelles (2008)
4. Lisa vit aujourd'hui en Argentine où elle est devenue complètement "dingo du tango".
[Update : elle vit aujourd’hui en France]
5. Platine n° 158, février 2009.
6. Paris Match n° 1041 du 19 avril 1969.
7. Elle fait la couverture de Télé 7 Jours, n° 578 du 22 mai 1971.
8. La journée d'Isabelle, disponible sur la compilation Femmes de Paris (volume 3), sortie en 2004 chez Wagram.



Un lien vers le site de référence de la discographie française Encyclopédisque (que ce soit pour les artistes, auteurs, compositeurs, photographes et mêmes les concepteurs graphiques) à la page Isabelle : ici


TVgraphie non exhaustive d'Isabelle :
30 septembre 1966 - Dim Dam Dom

9 février 1967 - Palmarès des chansons
Guy Béart présente le jury des vedettes composé de : René Clair, Louis Leprince-Ringuet, Louise de Vilmorin, Maurice Biraud, Francois Villiers, Annabel et Bernard Buffet, Claire Sombert et Isabelle


5 novembre 1968 - Music Album
Isabelle chante Mon voisin (direct).
La vidéo est visible ici



16 novembre 1968 - A l'affiche du monde
Isabelle chante Mon voisin

6 mars 1969 - Musicolor
Isabelle chante Mon voisin (direct)


21 juin 1969 - Samedi et Compagnie
duo Isabelle et Michel Delpech Un petit vin blanc


5 juillet 1969 - Charmantes connaissances
Isabelle chante Deux par deux



15 janvier 1972 - Le disparu de Senlis


Nouveauté :
ouverture d'une page facebook au nom d’Isabelle de Funès


Update septembre 2013 :
ces trois photos prises dans sa campagne normande
© Laurent Calut :


 

Update août 2016 :
Isabelle dans sa campagne normande
© Laurent Calut :